Merci ^^
Oki oki la suite :)
(Quoique si t'es allée sur le blog :s ......... merci au fait!)
V
La première chose que vit Lola en ouvrant les yeux fut le visage de Julien. Elle commença par se demander si elle rêvait puis décida que non. Pour preuve : son sérieux mal de tête. Que lui était-il arrivé ? elle s’était évanouie sur son lieu de travail…après quelqu’un avait appelé une ambulance et visiblement on l’avait transportée à l’hôpital. Ce qui n’expliquait pas ce que Julien faisait ici. D’abord, comment aurait-il appris ce qui lui était arrivé ? ensuite, pourquoi serait-il venu ?
Il sembla se rendre compte qu’elle s’était réveillée.
- Comment te sens-tu ? demanda t-il.
- B…Bien…
- J’y vais dans ce cas.
Il se leva et s’apprêtait à se diriger vers la sortie quand elle l’attrapa par la chemise.
- Attends…qu’est ce que tu faisais ici ?
- J’étais dans le café en face quand tu t’es évanouie, soupira t-il.
- Tu n’étais pas obligé de venir ici.
- Excuse-moi de l’avoir fait. Je peux y aller maintenant ?
Pour toute réponse, elle lâcha sa chemise. Mais juste avant qu’il ne franchisse la porte, elle appela son nom. Il se retourna, l’air ennuyé, visiblement impatient de s’en aller.
- Merci d’être venu, fit-elle avec un sourire éclatant.
Il se sentit rougir mais ne répondit rien et se dépêcha de sortir de la pièce.
Il n’aimait pas s’approcher d’elle. Il n’aimait pas lui parler de peur d’apprendre à l’apprécier. Tristan était mort par sa faute et elle ne se souvenait même pas qu’il existait. De la même façon que Julien s’était raccroché à son amitié avec Tristan, il se raccrochait à sa haine de Lola à présent. Il n’avait plus que cela. Il voulait la détester. Mais elle était difficile à détester. Quand elle souriait et parlait, il était impossible de ne pas succomber à son charme. C’était pour cela qu’il fallait qu’il garde ses distances avec elle.
Il savait qu’en faisant cela, il s’enlisait, n’avancerait jamais de l’avant. Mais il n’avait ni le courage ni la volonté de faire autrement. C’était plus facile, moins douloureux de cette façon. Et puis à quoi bon aller de l’avant ? qu’est ce qui pouvait bien l’attendre qui vaille la peine d’avancer ? il n’y avait une qu’une chose de bien dans toute sa vie et cette chose il l’avait perdue.
* * *
- J’ai croisé Julien en arrivant. Qu’est ce qu’il faisait là ?
- C’est lui qui m’a accompagnée ici.
Vincent fronça les sourcils. Cette histoire ne lui plaisait pas. Il n’avait pas prévu que Julien cèderait aussi facilement. Si jamais il finissait par sortir avec Lola, ce serait peut-être définitif. Cette idée le mettait mal à l’aise sans qu’il comprenne réellement pourquoi. Il s’était toujours dit que Lola continuerait d’aller de copain en copain sans jamais avoir de relation sérieuse. Et lui aurait été là…pour la consoler, tout le temps. Pour la prendre dans ses bras, pour sécher ses larmes. Il avait pensé qu’il serait à jamais la personne dont elle avait le plus besoin. Il avait peur qu’on prenne sa place…il était jaloux de Julien en fait, il s’en rendait compte à présent. Lola n’avait jamais couru après un garçon de cette façon…elle commençait même à tomber amoureuse de lui. Oh, cela se voyait à peine, mais pour Vincent ce n’était pas difficile. Et ça le blessait. Lola était amoureuse de lui, elle l’avait toujours été ! ce n’était pas sensé changer ! Il avait pensé qu’elle l’aimerait toujours…
- Ton affaire avance si je comprends bien.
- Je ne sais pas, soupira Lola. Enfin, cela m’a fait plaisir tout de même. Je n’aime pas les hôpitaux. Je n’aurais pas aimé me réveiller et être seule.
- Je sais…
La peur des hôpitaux, Lola ne savait pas d’où elle venait, mais elle était pourtant bien là. Elle avait l’impression de s’être réveillée dans une chambre d’hôpital une fois quand elle était jeune et d’avoir été toute seule, comme abandonnée. Mais cela faisait partie des choses dont elle ne se souvenait pas vraiment. Plus une impression… Elle savait qu’il lui manquait quelque chose d’important. Elle avait oublié quelque chose ou quelqu’un mais ne savait pas quoi, ou qui.
- Enfin, tu n’as rien de grave, tu sortiras bientôt.
- Mes parents sont venus ?
- Non, répondit Vincent en esquissant un sourire compatissant. J’ai appelé ton père mais il était en réunion et sa secrétaire n’a pas voulu me le passer. J’ai laissé un message.
- Il ne viendra pas de toute façon.
Les yeux de Lola s’embuèrent légèrement. Non, il ne viendrait pas. Il ne venait jamais. Il l’avait comme oubliée. Mais après tout, n’était-ce pas elle qui l’avait abandonné en premier ? elle ne pouvait plus vivre avec lui, c’était devenu dur. Elle lui en voulait mais encore une fois, la raison était floue. Malgré cela…elle aurait aimé qu’il s’accroche…mais il ne l’avait jamais fait. Il avait laissé tomber. Si facilement… comme si voir sa fille s’éloigner ne lui faisait rien.
Elle sentit que Vincent lui prenait la main et la serrait légèrement.
- Moi je reste, fit-il avec un léger sourire.
- Merci.
Evidemment qu’il restait ! il restait toujours. Il était à ses côtés chaque fois qu’elle avait besoin de lui et il semblait que c’était de plus en plus souvent.
- Qu’est ce que j’ai au juste ?
- Rien. N’y pense pas.
- Tu ne réponds pas à ma question. Pourquoi me suis-je évanouie comme cela ?
- Ce…écoute, il faut te reposer ! tu étais fatiguée, tu t’es évanouie, c’est tout.
- Mais si j’avais quelque chose de grave tu me le dirais pas vrai ?
Vincent serra sa main plus fort mais ne répondit pas.
* * *
Roxanne monta le son afin que la voix de John Lenon couvre celles de ses parents qui se disputaient une fois de plus. Elle ferma les yeux, se mordant les lèvres pour ne pas pleurer. « Je ne suis pas triste » répétait-elle dans sa tête. Mais c’était insupportable ! qu’ils se séparent, qu’on en finisse ! mais après, où irait-elle ? sa mère ne voudrait certainement pas d’elle mais avait-elle vraiment envie de vivre avec son père, un alcoolique chronique qui ne vivait que pour ses conquêtes d’un soir ?
Dans ces moments-là, elle pensait à Julien et cela l’aidait à tenir le coup.
C’était la première fois qu’elle était amoureuse. Ils se ressemblaient tous les deux, elle avait l’impression qu’il pourrait la comprendre et réciproquement. Mais si elle parlait d’elle, lui ne lui dévoilait jamais quoi que ce soit. Pourtant, ils avaient tellement en commun ! tous les deux avaient perdu la volonté de se battre… il semblait à Roxanne que Julien serait la seule personne qui ne la condamnerait pas, qui comprendrait qu’elle ait trop peur pour tenter d’échapper à sa situation. « Ce n’est pas ta faute ». Ces mots, elle aurait fait n’importe quoi pour que quelqu’un les lui dise. Et il était, à ses yeux, la seule personne susceptible de les prononcer.
Elle se demandait si un jour il lui ferait assez confiance pour lui parler de sa vie. Elle savait plus ou moins qu’étant jeune il avait du séjourner dans un hôpital et elle avait entendu parler d’un certain « Tristan » mais en vérité, elle ne savait rien du tout. Il avait simplement laissé échapper quelques informations sans le vouloir alors qu’il se parlait à lui-même.
Elle avait envie qu’il ait besoin d’elle. Elle voulait être son soutien, son seul soutien. Et lui serait le sien. Il l’était déjà. Elle voulait qu’ils s’enlisent ensemble tant qu’à faire, cela lui faisait moins peur.
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