^^
Elle est bien ta suite :) alors je met ma fin ^^
8
Il se figea sur place. Cette voix….
- Mariko? Murmura t-il sans se retourner.
Il ferma les yeux un instant. Ce n'était pas possible, elle ne pouvait pas être là! Mais quand il les rouvrit, ce fut pour faire face au visage souriant de Mariko.
- Désolée, j'ai un peu d'avance, fit-elle. Mais j'étais trop impatiente.
- D'avance….sur quoi?
- Eh bien sur l'avion! Répondit-elle comme si c'était évident. Je voulais te faire attendre encore un peu mais… ah! S'exclamat-elle en saisissant le bouquet de fleurs. Des roses rouges, merci! Bon….on va le boire ce café?
- Attends je….
- Ah, ne t'inquiète pas pour Cloé, elle n'arrivera pas.
Sur ce, elle le prit par le bras et l'entraîna à sa suite. Au début il se laissa faire, encore trop surpris pour résister, mais en arrivant devant le café en face de l'aéroport, il finit par réagir et se stoppa net, dégageant son bras de la prise de Mariko. L'air surpris, elle se retourna, et c'est là qu'il remarqua le changement. Elle n'était pas habillée comme d'habitude. Elle portait une minijupe et des collants de couleurs, des chaussures à talons colorées également. Son haut était même plutôt révélateur. Elle n'était pas une nonne d'habitude, certes, mais elle avait tout de même un style vestimentaire plutôt sage.
Voyant qu'il regardait ses vêtements, elle esquissa un sourire.
- Ca te plait? Demanda t-elle. Je l'ai mis pour toi. Pour notre première rencontre…
- Notre première rencontre?
- Tu es vraiment lent, soupira t-elle. Il n'y a pas de Cloé. Ou plutôt si, mais Cloé c'est moi.
- Hein? Mais Cloé habite en France!
- Tu n'a jamais pu le vérifier pas vrai? Tu n'as jamais parlé en français avec elle, vous parliez anglais tout le temps!tu ne l'as jamais appelée, et tu ne lui as jamais écrit. Tu n'es vraiment pas méfiant Ryo-chan!
- Ryo….Chan?
- Eh bien oui, c'est comme cela qu'elle t'appelle non? Enfin, que je t'appelle.
- Mais pourquoi tu aurais fait cela? Ça n'a pas de sens!
Elle le regarda un long moment puis poussa un profond soupir.
- J'ai froid. On rentre dans le café? Finit-elle par dire.
Il hocha la tête et la suivit. Lui aussi commençait à avoir légèrement froid en fait.
* * *
- Yama-chan… on doit parler.
- Tu as refusé tout ce temps, maintenant, je me demande si ça vaut le coup.
Yuya se mordit légèrement les lèvres. Certes, il n'était pas fier de sa réaction, mais il avait eu besoin de ce temps-là pour réfléchir. Depuis ce jour-là dans la maison de Yamapi, il avait retourné toutes sortes d'idées dans son esprit, dans l'espoir d'en arriver à une conclusion et, finalement, il avait trouvé sa réponse. On ne pouvait pas dire qu'elle lui plaisait, mais c'était la meilleure solution finalement. A la fois pour lui et Yamapi.
- Tu veux que nous nous séparions pas vrai?
- Ecoute….
- Mais moi, je ne te laisserai pas faire.
- Je ne pense pas que nous séparer règlera le problème, soupira Yuya.
Il s'assit à côté de Yamapi, lui prit la main qu'il serra légèrement puis se tourna vers lui.
- Yama-chan, tu ne penses pas….que tu as un vrai problème?
- C'est-à-dire?
- La façon que tu as de vouloir "posséder" les gens, tu ne trouves pas cela malsain? Ce n'est pas qu'avec moi…. Je l'ai remarqué, c'est pareil avec tes amis. Mais avec eux tu n'oses rien dire. C'est pour cela que nous séparer ne rime à rien. Cela ne changera pas le fond du problème.
- Qu'est-ce que tu essaies de me dire exactement? Fit Yamapi d'une voix sèche en retirant sa main. Que je suis anormal? Que je devrais voir un psy?
- Pas anormal mais…je crois vraiment que tu as besoin d'aide. Et moi je veux être là pour t'aider mais…
Yamapi se leva subitement et regarda Yuya un instant avant d'éclater de rire. Il rit un long moment tout seul puis, calmé, eut un regard triste.
- C'est fatiguant pour toi pas vrai? Fit-il. C'est ce que tu veux dire….tu veux que je reçoive de l'aide, pour que ce soit moins fatiguant pour toi.
Yuya se leva aussitôt et prit le jeune homme dans ses bras.
- C'est pas du tout cela, souffla t-il. Je t'aime mais…
- C'est fini.
* * *
Mariko but une gorgée de son capuccino puis reposa lentement la tasse sur la table et regarda dehors. A quoi s'était-elle attendu? Elle avait tout raconté à Ryo. Son mariage, son étouffement, ses regrets. Elle avait juste voulu lui parler. Elle ne savait pas exactement pourquoi elle avait menti.
Elle avait toujours dit qu'un jour, elle irait vivre en France, ça lui était venu juste comme cela. Mais elle n'avait jamais triché sur ses sentiments. Pourtant…Cloé était tellement plus libre qu'elle, c'était pour cela qu'elle était revenue. Et finalement, ce qu'elle avait craint était arrivé: Ryo était tombé amoureux de Cloé. Pas de Mariko. C'était douloureux.
Pourtant, elle l'avait anticipé.
Il était parti après son explication, sans lui dire quoique ce soit. Il n'avait pas crié, rien. Il était juste parti, et finalement c'était peut-être pire que s'il s'était mis en colère.
Elle poussa un autre soupir. Elle soupirait beaucoup en ce moment. "A chaque soupir, ta vie s'échappe un peu plus" lui avait dit quelqu'un une fois. Elle ne savait plus trop qui, quelle importance? Et c'était vrai. Elle avait passé toutes ses années de mariage à soupirer si bien que sans se rendre compte, elle s'était retrouvée vidée. Ryo avait été son sauveur. Mais à présent c'était terminé. Elle avait fait un pari risqué, elle avait perdu.
* * *
- C'est fini, répéta Yamapi en repoussant Yuya.
Il le regarda dans les yeux et esquissa un sourire un peu triste.
- C'est fini, répéta t-il. On arrête. Ne reviens plus ici. Ca a été court, je sais mais…cela ne rime à rien finalement.
- Mais….
- Je ne t'aime pas.
- Mais tu…
- Je ne t'aime pas. Je te déteste, tu entends? Je te hais! Je te hais! Je te hais! Hurla soudainement Yamapi. Je te hais.
Il s'effondra par terre, à genoux et commença à sangloter. Yuya resta debout sans un mot, tandis que les larmes commençaient à naître dans ses yeux.
- Je te hais, souffla Yamapi. Moi je voulais juste que quelqu'un soit à mes côtés mais tu me laisses tout seul tout le temps. Je…je n'en veux plus. Va t-en.
- Yama…
- Va t'en…
Il releva la tête vers Yuya, un air suppliant sur le visage.
- S'il te plait…va t-en.
Sans un mot, Yuya tourna les talons, les épaules un peu tremblantes et sortit de la pièce. Yamapi le regarda partir sans un mot. Il se recroquevilla encore un peu plus sur lui-même.
C'était lui qui l'avait voulu. Il avait commencé et terminé cette relation. Si on pouvait appeler cela une relation! Cela avait été tellement…Rapide. Et tellement douloureux.
Il tâcha de respirer plus calmement. Il fallait qu'il se relève à présent. Ce n'était pas la fin du monde…mais … A présent, il n'avait plus personne à qui se raccrocher, ça lui faisait peur.
Il voulait courir après Yuya , le rappeler, mais à quoi bon? Si c'était pour avoir mal à nouveau alors, il valait mieux laisser tomber.
Oui, ça valait mieux.
* * *
Par la fenêtre de la cuisine, longtemps, il regarda le ciel. Les nuages passaient, lentement. De bleu, le ciel se fit gris. Puis tomba la nuit. Et Ryo ne bougea pas. Qu'avait-il perdu exactement? Pas grand-chose. Comment perdre quelque chose qui n'existait pas?
Mais tout de même…
Il regarda l'horloge sur le mur. Il était minuit à présent. Connaissant Mariko, elle devait certainement se trouver encore au café de l'aéroport. C'était tout à fait elle ce genre de choses. Elle devait avoir insisté pour rester, même après la fermeture. Et sans doute l'avait-on virée tout de même. Elle devait certainement attendre sur le trottoir qu'il vienne la chercher. C'était sa façon de faire. Cloé ou Mariko… c'était comme cela qu'elle agirait…et lui. Lui, forcément, il irait la chercher.
Parce que la maison lui semblait bien vide.
Qu'ils étaient prévisibles tous les deux!
Il était parti sans rien dire. Elle devait sans doute se sentir mal. Mais comment aurait-il pu crier? Pour être franc, il n'était même pas en colère. Bon…il lui en voulait un petit peu mais….n'était-ce pas mieux ainsi? Finalement…
Il esquissa un sourire et se détacha de la fenêtre. Il ramassa son manteau et ses clés de voiture.
A chaque jour son petit plaisir, afin que tout le reste prenne un sens, c'était sa façon de vivre. Pour que la journée d'aujourd'hui ait un sens, il n'y avait qu'une chose qu'il voulait: un café bien chaud, et Mariko à l'autre bout de la table.
* * *
Hello Darling J
Maintenant, je crois, qu'il faut se dire Adieu.
Vraiment, merci pour tout.
Je te dois beaucoup Cloé, mais maintenant, je crois qu'on a plus besoin l'un de l'autre. Moi, j'ai rencontré quelqu'un. Quelqu'un de vraiment bien, que je veux rendre heureux. Mon plaisir de chaque jour, je veux que ce soit son sourire.
Bye Bye
Ryo-chan.
* * *
Moi, j'ai toujours pensé que la vie était une chance.
J'en prenais soin, de mon instant présent. Je voulais tout vivre, je voulais être heureux. Mais c'est toi qui m'as appris, que cela ne rimait à rien d'être heureux tout seul. Mon instant présent, tu m'as appris qu'il était mieux de le remettre à quelqu'un d'autre.
Alors, je te le remets.
Prends en soin.
Vivons encore beaucoup de précieux moments ensemble, jusqu'au jour où nous n'aurons plus rien à faire sinon regarder en arrière et nous dire "nous avons réussi".
Tous les deux, avançons.
Cela n'a pas d'importance où nous allons, allons-y ensemble.
N'importe où, devant.
FIN
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