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Après avoir marché en ligne droite pendant une heure tout seul, il avait bien du l'admettre: à pied il n'arriverait jamais à rien. Et puis de toutes façons, il avait les clés, ce qui signifiait que Mariko ne pouvait pas ramener la voiture. Elle serait donc obligée de rentrer à pied elle aussi…bref, personne n'y gagnait. Il avait donc fait demi-tour, et le soleil était déjà couché quand enfin il fut revenu à la voiture. Mariko n'était nulle part. Ni à l'extérieur du véhicule ni à l'intérieur. Mais il était toujours trop en colère pour s'inquiéter.
Il monta dans la voiture, tourna la clé et démarra. Après tout, ce qu'elle faisait n'était pas ses affaires. Elle avait du appeler quelqu'un d'autre et ce quelqu'un était venu la chercher, voilà tout.
* * *
Hello Darling J
Je t'envoie ce petit message vite fait. Tout va bien. Mariko n'est plus chez moi. Ne t'inquiète pas, j'ai juste été très occupé avec le boulot et j'étais un peu fatigué aussi. Mais tout va bien à présent.
… * * *
Ryo regarda l'horloge: 22h. Malgré lui, il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter. Elle n'avait même pas appelé pour dire qu'elle allait bien. Pourtant si quelqu'un devait être en colère, c'était bien lui. Mais plus les minutes passaient, plus la colère disparaissait pour faire place à l'inquiétude et aux regrets. Il n'aurait pas du la laisser seule sur la route. Quand enfin son portable sonna, il se jeta dessus. Il décrocha sans vérifier qui était l'émetteur.
- Allo? Mariko? C'est toi?
- Désolé de te décevoir, fit la voix au bout du fil. Ce n'est que moi.
- Ah, Yamapi….
- Il s'est passé quelque chose avec ton amie d'enfance? S'inquiéta Yamapi.
- Je l'ai abandonnée au milieu de la route, avoua Ryo. Parce qu'elle m'a dit qu'elle était amoureuse de moi.
- Eh bien, rit Yamapi, voilà une façon directe de la rejeter. Enfin, ce n'est pas vraiment drôle. Je suppose qu'elle n'est pas rentrée vu ta façon de décrocher. Elle n'a pas pu simplement aller ailleurs.
- Je ne sais pas.
- Tu penses que c'est possible qu'elle t'attende encore là où tu l'as laissée?
- Elle n'y était pas quand j'ai récupéré la voiture….
- Alors peut-être qu'elle a essayé de rentrer à pied et qu'elle s'est perdue? C'est possible non? Tu ne crois pas que tu devrais essayer? Ca fait combien de temps que tu l'as laissée?
- Six heures.
- Six heures?! T'es complètement inconscient ou quoi? Prends ta voiture et file! Ah, pense à l'appeler quand même!
- Je vais faire cela, murmura Ryo. Au fait qu'est-ce que tu voulais me dire?
- Rien de bien important par rapport à cela, juste que la séance d'enregistrement commencerait un tout petit peu plus tard que prévu. Tu pourras dormir une heure de plus.
- Okay, j'y vais alors.
Et il raccrocha sans attendre la réponse de Yamapi. Il se dépêcha de composer le numéro de Mariko, hésita un cours instant, et appuya sur la touche "appel.". Le téléphone sonna une fois, puis deux, trois, quatre, cinq…il commençait à désespérer, quand enfin on décrocha.
- Allo? Fit une voix faible à l'autre bout du fil.
- Mariko?
- Ah, Nishikado-kun…
- Tu es où là?
- Devant chez toi.
- Devant….
Il se précipita vers la porte d'entrée, l'ouvrit et derrière la porte, en effet, elle était là, tremblante de froid. Il raccrocha et elle en fit de même.
- T'es là depuis quand?
- Trois heures.
- Pourquoi t'as pas sonné? Ou même, pourquoi t'es pas entrée, tu as la clé non?
- Mais je savais pas si j'avais le droit, tu as dit que tu n'aurais jamais du me faire entrer chez toi…
- T'es bête, j'étais énervé. Et alors, t'allais faire quoi ? Passer la nuit dehors?
Elle baissa la tête et ne répondit pas. Il soupira, la prit par le bras, et la fit entrer puis referma la porte derrière elle.
- T'as personne à appeler ou quoi?
Elle secoua la tête de droite à gauche;
- Non? Tu m'avais pourtant dit que tu avais d'autres endroits où aller. Décidément, tu me causes que des soucis toi, soupira t-il.
En la tenant toujours par le bras, il la tira jusque dans le salon et la fit s'asseoir dans un fauteuil.
- Bon, je vais aller te chercher une couverture d'accord? Je vais te faire du thé, ce serait bien que tu prennes une douche aussi.
Elle hocha la tête sans un mot.
- Fais pas cette tête. Ecoute je regrette avoir dit que je n'aurais jamais du te faire entrer chez moi. Si c'était à refaire, bien sûr, je te ferais entrer à nouveau. Mais comprend moi aussi, j'ai été surpris.
- J'ai été rejetée alors?
- Désolé, j'aime vraiment Cloé.
Elle baissa la tête à nouveau et se mordit les lèvres.
- Imbécile, souffla t-elle.
- Quoi?
Elle se leva et le regarda avec un sourire.
- J'y vais.
- Tu vas… où?
- Je m'en vais. Je vais marcher jusqu'à la ville et je trouverai un hôtel.
- Tu te rends compte de ce que tu dis là? Il est super tard, et puis je t'ai dit que cela ne me dérangeait pas que tu restes.
- Mais moi, je ne veux pas rester. Ta Cloé…qu'est-ce qu'elle a de plus que moi?
- Ce n'est pas…
- Je ne peux pas la remplacer? Je ne vaux pas autant qu'elle? Moi c'est cela que je ne comprends pas. Pourquoi tu ne m'aimes pas alors qu'elle...
- Attends, tu vas pas t'énerver en plus! Tu débarques chez moi alors que tu ne m'as pas donné de nouvelles depuis 6 ans, et tu…
- Sept.
- Quoi sept?
- On s'est quitté à mon anniversaire tu te souviens? Eh bien, hier cela a fait sept ans.
Elle ne lui laissa pas le temps de répondre et se précipita vers la porte. Elle sortit en trombe de la maison et il ne pensa même pas à lui courir après.
* * *
Hi Honey ^^
Je dois admettre que je suis un peu soulagée. Depuis qu'elle était là, tu ne me répondais plus autant. Mais tu es sûr que cela te va comme situation?
…
* * *
- Quel imbécile ce Ryo, soupira Yamapi.
- Qu'est-ce qu'il a fait ? Bailla Yuya à côté de lui.
- Il a abandonné une fille au milieu d'une route déserte en pleine nuit. Même moi je ne ferais pas cela.
- En effet ce n'est pas très correct.
Yamapi esquissa un sourire et se retourna vers Yuya allongé à ses côtés sur le lit deux places.
- Pas très correct? Répéta t-il. C'est un euphémisme tu crois pas? Moi si tu me faisais ce coup-là, je te tuerais à coup sûr.
- Avec ton sens de l'orientation, tu serais mort avant moi, rit Yuya.
- C'est vrai, admit Yamapi. Mais je reviendrais te hanter pour t'emporter avec moi.
- Pas de problème.
- Tu me laisserais faire?
- Bah, soupira Yuya, de toutes façons tu finis toujours par obtenir tout ce que tu veux et si je viens pas avec toi, tu vas mettre les Enfers sans dessus dessous alors…
- Ne ris pas.
Le visage de Yamapi prit une expression sérieuse tandis qu'il observait celui de l'autre jeune homme.
- Ne ris pas, répondit-il, parce que si je meure, je viendrai vraiment te chercher.
Yuya sentit un frisson lui parcourir le dos devant l'air sérieux de Yamapi. Parfois celui-ci lui faisait vraiment peur. Il ressemblait à un gamin possessif. Parfois c'était mignon mais parfois cela s'avérait vraiment effrayant et Yuya avait du mal à le supporter.
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