AccueilAccueil  ­FAQFAQ  ­RechercherRechercher  ­S'enregistrerS'enregistrer  ­MembresMembres  ­GroupesGroupes  ­ConnexionConnexion  
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartager | 
 

 The Dream Child [General] {en cours}

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
namie-chan
Senpai
Senpai


Féminin
Nombre de messages: 38
Age: 19
Localisation: Dijon
Date d'inscription: 20/08/2008

MessageSujet: The Dream Child [General] {en cours}   Lun 27 Juil - 21:26

Titre : The Dream Child
Type : General, Romance, Amitié
Rating : K (c'est ça pour le général ne? si il y a des écarts au ton général, c'est rare)
Mini résumé : Partir, et tout recommencer. C'est la seule pensée de Yumeko pour l'instant. Pourquoi ? Et surtout, comment se (re)construire ?
Mot de l'auteur :
Ah, c'est ma première fic que je publie, et la première que je continues plus longtemps que quelques pages... J'ai passé deux jours à me demander si j'allais la poster ou non...et me voilà ! Ca sera une motivation de plus pour la finir ! J'annonce, j'ai une tendance à me complaire dans la guimauve de temps à autre...enfin, on verra bien !
J'espère que ça vous plaira *serre les dents en attendant les verdicts *



The Dream Child





Il paraît que la première fois que l'on voit quelqu'un, elle détermine tout de votre relation. Que penser alors de la première fois que je t'ai vu?

C'était irréel.




Introduction

Partir, partir, partir. Quel verbe magique, n'est ce pas? Si peu de lettres qui peuvent contenir tellement de promesses, de possibles. On dit que choisir, c'est renoncer. Partir, c'est choisir aussi. Mais en partant, je ne renonçais pas, j'affirmais, et je revivais. Laisser tout derrière soi est peut être lâche pour certains, mais salvateur pour d'autres, je n'apprends rien à personne. Et de ces « autres », je fais bien entendu partie. C'est ainsi que par une douce soirée de début de printemps, je quittais Paris. Non seulement je quittais Paris, mais je quittais également la France, lieu de mes soi-disant repères. Des repères, je n'étais même pas sûre d'en avoir déjà eu. Choisir de partir, c'était commencer à m'en créer. Je voulais changer d'air, d'atmosphère, de tout. Alors j'avais décidé de retourner là où tout avait commencé, ma vie entre autres, mais où néanmoins peu de choses me rattachaient à ma vie « habituelle ».
Le billet d'avion scella ma décision : je partais pour le Japon.
J'y étais née presque 19 ans auparavant, Uemoto Yumeko, ou plutôt, à la française, Yumeko Cocteau, le nom de mon père, dans la préfecture de Tokyo, un certain vendredi 13 juillet. Mon père, à l'époque attaché d'ambassade, y avait rencontré ma mère dans un espèce de cocktail très chic et selon leurs mots, barbant à mourir. Il y représentait le bon goût français, et elle, l'innovation mêlée de tradition typiquement japonaise. Elle était à l'époque étudiante-styliste terminant ses études, afin de reprendre un jour l'entreprise familiale de confection de kimono. Le choc des civilisations avait été plutôt bénéfique pour eux : à peine un an plus tard, mon père demandait ma mère en mariage. Mon père ayant monté peu à peu en grade, il devint ambassadeur, et nous restâmes à Tokyo quelques années, quand il fût muté à l'ambassade américaine de New York, y resta avec nous trois ans, pour nous fixer ensuite à Paris. Ainsi, ma famille et moi avions traversé trois continents, mes frères et sœurs et moi parlons couramment trois langues, et nous avons un réseau d'amis à travers le monde.
Vu d'ici, la vie de la famille Uemoto-Cocteau est plutôt enviable, et l'est sur tous les points. Mais seulement, il m'en fallait toujours plus. J'avais quitté Tokyo à 12 ans, et je l'avais vécu comme un déchirement. Y vivre de nouveau me paraissait une condition nécessaire, et presque suffisante à mon bonheur.
Et m'y voilà. L'atterrissage est imminent. Enfin.

Chapitre 1

Je ne suis pourtant pas livrée à moi-même dans Tokyo, je dois y retrouver ma meilleure amie, mon soutien, mon pilier : Maki-chan. Nous avons été élevées presque ensemble, nos parents se connaissant depuis toujours. Et mes grands-parents maternels habitent à Osaka, et ont refusé de me laisser entrer au Japon sans me trouver un appartement, que je dois découvrir dans quelques heures.
Je descends de l'avion tranquillement, en cherchant mon téléphone pour joindre Maki. Ah, des messages vocaux en attente :

« Nouveau message, reçu hier à 00h11 : Hime, Ka-chan desu ka. Gambatte. Je t'aime. »
Maman a le don de s'adapter aux circonstances. Je me sens soudain nostalgique de Paris, de ma famille. Tatata, baka de toi-même, tiens-toi à tes décisions une fois dans ta vie!

« Nouveau message, reçu aujourd'hui à 9h53 (notons pour la compréhension qu'il est 9h55) : YUMEKOOOOO-CHAAAAN ! Qu'est ce que tu fiches merde, les passagers de ton vol sont tous descendus, tu t'es perdue dans les toilettes ou bien? C'est ça, tu voulais pas me voir et tu t'es planquée dans les minuscules chiottes de l'avion. Rappelle-moi merde. »

J'ai du mal à retenir un fou rire : Maki réussit toujours à me faire mourir de rire. Je l'imagine tellement, en train de s'énerver sur son énorme téléphone, en jurant de toutes ses forces. Quand elle est énervée, elle est effroyablement vulgaire. Elle doit être fatiguée, pour n'utiliser que « merde ». Je me presse donc vers la salle d'arrivée, la cherchant du regard : une Japonaise plutôt grande, les cheveux auburn aux dernières nouvelles, ça doit se repé...

« -Yume-chaaaaaaaaaaaaan ! Tu es làààààà enfiiiiiiiin !
- Oui je suis là, mais si tu continues à m'étouffer comme ça, je risque de décéder dans 5..4...3
- Oh, si je ne peux même plus être enthousiaste à l'idée de te voi...
- Makiiiiiiii-chaaaaaaaaaaaaaaaan ! Je suis lààààà enfiiiiin !, la coupais-je de la même façon, en la serrant très fort dans mes bras, à l'étouffer.
- Tu m'as tellement manqué Yume-chou.
- Tu m'as cruellement manqué Maki-chou. »
Et nous sommes restées à se faire des câlins dans l'aéroport pendant dix minutes. Un bien charmant tableau : ça se passait de mots, nous étions juste là, à nous serrer l'une contre l'autre, en fermant les yeux.

« - Alors, qu'est ce que ça fait de changer de vie?
- Comme si je n'étais pas habituée, riais-je. Non, le Japon m'a manqué. Rien que d'entendre les gens parler japonais, ça me rassure, j'ai l'impression d'être à la maison. Tadaima quoi.
- Okaeri alors.
- Arigatô ne. On y va? Mes grands-parents m'ont laissé un appartement dans le centre, il faut que j'aille le récupérer avant midi.
- On y va. Tu as tes bagages?
- Ouups. J'allais oublier...
- Un jour...
- ...j'oublierais ma tête, arigatô ne oka-chan, lui répondis-je en tirant la langue. »
On attrapa mes bagages, j'étais partie avec le strict minimum...qui tenait dans trois valises... mes vêtements se partageaient les deux plus grosses valises, tandis que la troisième contenait mes livres, mes appareils photo, mes carnets, mes DVDs. Je portais mon ordinateur à la main, autant dire que nous étions chargées....
Une fois le voyage en taxi passé, nous nous retrouvons devant mon immeuble : un petit immeuble qui paraissait assez sympa, le genre d'immeuble où tout le monde se connaît et s'apprécie, le genre d'endroit presque familial. Parfait pour tout recommencer. J'entre dans le hall et toque à la porte du concierge. Lequel m'ouvre assez rapidement :
« -Hai?
- Ohayo gozaimasu, Uemoto Yumeko-desu, me présentais-je en m'inclinant très bas, je suis la petite-fill...
- ...de Shigeru-san et de Hoshino-san, je sais (mais qu'est ce qu'ils ont tous à me couper la parole aujourd'hui?! ), vos grand-parents m'ont appelé encore ce matin pour me prévenir de votre arrivée. Vous reprenez l'appartement familial c'est ça?
- Hai. Je ne sais pas si je vais rester longtemps, ça me gêne un peu de vivre à leurs dépends, j'essayerai de me trouver un appartement le plus tôt possible.
- En attendant, je vais vous montrer l'appartement, voici les clés. C'est par là, dit-il en me montrant l'ascenseur. C'est au dernier étage. »
J'étais très excitée à l'idée de découvrir l'appartement où j'allais commencer ma nouvelle vie. Et je ne fût pas déçue. J'ai eu l'impression qu'il avait été fait pour moi : il avait plusieurs chambres : deux en fait, si on comptait la troisième pièce comme un bureau, une salle de bain très respectable, un très grand salon, et une belle cuisine aménagée. Et surtout, il avait accès au toit, et avait une très jolie vue qu'on pouvait admirer par les très grandes fenêtres, qui inondaient les pièces de lumière.

« - Je l'adore ! Merci beaucoup...
- Tsubasa-san.
- Tsubasa-san, hontoni arigatô.
- Remerciez vos grands-parents. Je vous monte vos valises?
- Mes valises?! Mais non, elles sont ici... »
- Je regarde autour de moi en disant cela, mais ne vois pas mes valises...
« -Maki, j'ai quand même pas oublié mes valises en bas?! Mais arrête de rire, allez YAMETE!
- Yumeko-san, un jour vous oublierez votre tête, ajouta Tsubasa-san »
Cette phrase acheva Maki, qui se retenait d'exploser de rire depuis tout à l'heure : elle partit d'un grand rire, qui résonnait dans la pièce palière.
« -Hahahaha, il a tout compris ton concierge....pffffff, tu n'es pas encore installée que tu commences à...pfffff, oh t'es vraiment pas croyable, même ton concierge...hihihi
- Bon, j'y vais Uemoto-san, je vous remonte les valises
- Merci Tsubasa-san, et toi, dis-je en désignant Maki, tu arrêtes de rire, TOUT DE SUITE! »

Après ces quelques péripéties, et quand Maki arrêta de rire, c'est à dire un bon quart d'heure après, on commença à défaire mes valises, entreprise plutôt difficile car celle que je croyais être mon amie ne pouvait s'empêcher de rire à la simple vue des valises. Je prenais la plus grande chambre, qui avait un petit dressing intégré, et désigna la seconde comme la chambre d'ami, c'est à dire la chambre de Maki. J'installais mes livres et autres carnets, albums et appareils photo dans la troisième pièce, où se trouvait un canapé, et qui me servirait de chambre noire. Mon seul regret était de n'avoir pas pu emmener ma guitare, faute de place. J'aimais la musique plus que la plupart de mes connaissances, écrire et composer étaient ma raison de vivre. Verser ses émotions dans des mots et des mélodies, et les partager, c'est pour moi la plus noble des occupations. L'art en général m'attire, c'est pour cette raison que je m'intéressais de plus en plus à la photographie. Je découvris au fond de ma valise un objet empaqueté, j'avais presque oublié que je l'avais emporté. Ultime tendance sadique ou désir de ne pas tout oublier, je défis le paquet, découvrant la statue en fer forgé qu'il refermait, allant même jusqu'à la placer sur le bureau. Elle représentait une femme nue, figée dans une espèce d'arabesque, la jambe droite tendue vers l'arrière, le bras droit levé à la verticale, le buste arqué et la tête un peu en arrière : la femme danse, comme je ne pourrais plus jamais danser...

« -C'est bien beau d'avoir un joli appart' et tout, mais maintenant, qu'est ce que tu fais?, m'interrompis Maki dans ma rêverie, Je veux dire, tu vas faire quoi de tes journées?
- J'en sais rien pour l'instant. J'ai un peu d'argent sur mon compte, et je comptais m'inscrire à la fac, la rentrée n'est pas passée de tellement de temps ne? J'aimerais bien me trouver un petit boulot étudiant, c'est vrai.
- Bosser pour une salle de concert ça te dit? Mes frères travaillent là-bas, et ils pourront t'avoir une place dans la boîte.
- Bien sûr, ça a l'air marrant comme job. Ils font ça depuis longtemps?
- Assez, oui. Au début ça sera pas forcément facile, tu piétines toute la soirée, mais avantage non négligeable, tu assistes à beaucoup de concerts gratuitement, et tu as un lien avec la scène musicale tokyoïte...en fait j'ai déjà demandé à mes frères de t'avoir un entretien avec le big boss de la compagnie. Je sais ce que la musique représente pour toi Hime.
- Elle représente beaucoup, oui, mais même avec la musique, que ferais-je sans une amie comme toi?, lui dis-je en souriant
- Je pense modestement que tu crèverais la bouche ouverte dans le caniveau, sans aucune relation sociale. Tu ne serais rien sans moi, dit-elle ironiquement
- Modestement, répondis-je sur le même ton. Arigatô ne Maki.
- De rien Hime. Je sais pas toi, mais je meurs de faim. Alors tu fermes ce joli appart' sans trop te la craquer, et je t'emmène déjeuner dans un petit resto à côté de ton futur taf' dont tu me diras des nouvelles.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Neyuu
Sensei
Sensei


Féminin
Nombre de messages: 157
Age: 15
Localisation: Toulouse
Date d'inscription: 13/02/2009

MessageSujet: Re: The Dream Child [General] {en cours}   Mar 28 Juil - 1:14

Et bien j'ai bien aimé. Je me demande ce que ça va donner.

J'ai vraiment aimé le début, c'était très bien écrit. Les mots glissaient et puis il y avait un style particulier qui m'a plu. Les tournures de phrases étaient belles, ça donnait un très bon rendu, quoi.

On apprend tranquillement à connaitre Yumeko.
Elle a l'air plutôt intéressante, elle apprécie tout ce qui touche l'art, c'est plutôt plaisant.
Bref, bonne chance pour l'écriture ! xD Je peux pas en dire plus avec un simple début.
Et la façon guimauve ne me dérange pas trop, c'est tant mieux ^^

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
namie-chan
Senpai
Senpai


Féminin
Nombre de messages: 38
Age: 19
Localisation: Dijon
Date d'inscription: 20/08/2008

MessageSujet: Re: The Dream Child [General] {en cours}   Mar 28 Juil - 12:15

Merci ! Je passais vite fait pendant ma pause de midi...
je suis contente que ça plaise à quelqu'un (l'honneur est sauf ^^)
je devrais poster la suite ce soir, en rentrant du taf'.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kitty
Aniki
Aniki


Féminin
Nombre de messages: 56
Age: 27
Localisation: Au milieu des étoiles
Date d'inscription: 24/05/2009

MessageSujet: Re: The Dream Child [General] {en cours}   Mar 28 Juil - 13:30

J'aime beaucoup le début; il se laisse lire tout seul.
Le côté guimauve ça ne me dérange pas non plus.
Vivement que la suite arrive.


_________________

By Ceres
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
namie-chan
Senpai
Senpai


Féminin
Nombre de messages: 38
Age: 19
Localisation: Dijon
Date d'inscription: 20/08/2008

MessageSujet: Re: The Dream Child [General] {en cours}   Mar 28 Juil - 20:29

And here go the chapters 2 and 3

Je suis moins satisfaite du chapitre 2...enfin, l'important est ce que vous en pensez !



Chapitre 2 :

Notre repas de midi avalé, on se dirige vers le QG du big boss. QG qui est aussi la salle de concert, et mon hypothétique futur lieu de travail... Ce dernier s'avérait être assez sympa, loin de l'idée que je m'étais forgée en à peine une heure. Cette salle de concert était étonnamment très proche du centre de Tokyo, et se situait à une quinzaine de minutes à pied de mon appart'. Mais ce qui me frappait, c'était la présence d'une sorte de vitrine, comme dans certains cafés. Je fis donc part de mon étonnement à Maki :
« - Pourquoi il y a une vitrine dans ta salle de concert? Tu m'as menti et en fait tu vas me faire vendre mon corps et bosser dans un peep-show, c'est ça?
-Qu'est ce que tu vas imaginer là?! Est ce que je suis ce genre d'amie?
-Dois-je te rappeler, Ô amie vénérable, la façon dont tu m'as roulé un été pour vendre des trucs sur la plage? Et comment tu m'as forcé à participer à un concours de Miss?
-On s'est fait plein de fric avec ces magazines et les sucreries sur la plage ne? Et ce concours, tu l'as gagné ne?
-Oui je sais. N'empêche que maintenant je me méfie.
-Dis donc Yume, tu ne fais plus confiance à ta meilleure amie?
-Non, non. Disons que j'essaie de garder un enthousiasme relatif quant à tes propositions diverses et variées.
-Pour éloigner tes soupçons chère amie, sache que ce n'est en rien un peep-show, à moins que le patron n'est décidé de se reconvertir. La salle fait tout simplement bar en journée, comme ça c'est rentable tout le temps, dixit le patron. Le café est ouvert dans ce qui sert de hall d'entrée les soirs de concerts, et il reste ouvert pendant certains concerts. Cool ne?
-Il m'a l'air d'être un sacré type, ton big boss, ne?
-Oh que oui. Mais il est vraiment super. Je bosse avec eux à l'occasion, et j'ai jamais eu à me plaindre. Il est un peu radin parfois, ce qui explique son coût du « c'est plus rentable comme ça », mais c'est plus drôle qu'autre chose. Enfin tu verras, il est temps de faire connaissance!, dit-elle en me poussant à l'intérieur du café »

Ledit intérieur me surprit : une ambiance très piano-bar, ou alors café-concert (voire un piano-café ou un bar-concert...je dérive), enfin, une atmosphère très cosy, où l'on se sentait bien, comme dans une bulle qui vous protégerait des agressions extérieures avec seulement un bon disque et un chocolat, ou un cocktail en soirée. Les fauteuils du fond étaient en cuir, on pouvait s'y prélasser sans problème, et plusieurs tables étaient disposées dans tout l'espace restant.
Je n'avais pas remarqué tout de suite l'homme qui se tenait au bar : il avait la cinquantaine, les cheveux poivre et sel, mais gardait une ligne qu'on devinait athlétique, et un air d'aventurier un peu rêche, le genre de type qui me fascine, et s'il avait eu trente ans de moins, j'aurais été tout de suite sous son charme. Il essuyait des mugs tout doucement, en prenant son temps, comme s'il le faisait au rythme du morceau de Peggy Lee qui ajoutait la touche finale à l'ambiance parfaite du lieu. Je voulais purement et simplement travailler ici.

« -Ano, Kami-sama?, commença Maki »
L'homme releva la tête. Mais je rêve ou elle vient juste de l'appeler Dieu?
« -Hai, Maki-chan? Genki desu ka?
-Hai, genki desu ! Je vous présente mon amie Uemoto Yumeko, Yuri et Yuki ont du vous en parlé, ne?
-Hai, hai, ils m'en ont touché deux mots. Alors comme ça, reprit-il en s'adressant à moi et en me détaillant de la racine des cheveux jusqu'à la pointe des pieds (ce qui était super gênant), tu veux travailler ici?
-Ohayo gozaimasu! Uemoto Yumeko desu ka. Et pour répondre à votre question, oui.
-Oui quoi?
-Oui, j'aimerais travailler ici. Pas oui, j'aime beaucoup votre cravate. D'ailleurs, vous n'en avez pas, c'est une question stupide.
-* riant * Je vois. Et pourquoi cela, ne Yumeko-chan? Convaincs moi.
-Hai ! Tout d'abord, je suis moi-même musicienne, je connais un peu comment ça marche le monde de la musique, je peux même remplacer un technicien de temps en temps, et puis je suis de fait passionnée de musique, donc de bon conseil. Et puis, vous n'avez tout simplement pas le choix de m'embaucher ou non, achevais-je dans un sourire?
-Ah bon? Nande?
-Parce que tout simplement je suis tombée amoureuse de votre café, et que si vous ne m'embauchez pas, je viendrais tous les jours ici, je passerais mes journées ici,je camperai ici, je mangerai ici, si bien que pour vous débarrasser de moi, il faudra que je travaille ici !
-Et bien, c'est ce qu'on appelle avoir du caractère et de la volonté. Je vois de quoi voulaient parler les garçons quand ils disaient « bizarre mais adorable ». Très bien jeune fille. Vous travaillez désormais ici.
-Yattaaaaa ! Hontoni arigatô ne Kami-sama ! C'est génial ne Yume-chan? S'exclama Maki
-Hai, hai! Arigatôu gozaimasu sensei ! Demo, vous m'autorisez une question qui peut sembler déplacée?
-Bien sûr!
-Vous vous appelez vraiment Dieu (Kami-sama en japonais)? Parce que c'est un peu perturbant d'appeler quelqu'un Dieu...
-*s'esclaffant * Je comprends. Je m'appelle Kamisa Yunosuke en réalité, mais les deux énergumènes qui servent de frères à Maki m'ont renommé Kami-sama, tu peux m'appeler Kami-san.
-Hai so ka Kami-san.
-Trêve de plaisanteries sur mon nom ne Maki-chan... Tu m'avais l'air tellement enthousiaste à l'idée de travailler ici, quand peux-tu commencer?
-Quand vous voulez.
-Il y a un concert d'un groupe de ska ce soir dans la grande salle, si tu veux, tu peux commencer dès ce soir, tu regarderas comment ça marche de la salle. Si j'ai besoin de toi je t'appellerais à ce moment là. Venez toutes les deux pour 18h30 qu'on prépare la salle et le café... Viens avec moi, je vais te préparer ton contrat de travail. Tu es japonaise?
-J'ai la double-nationalité franco-japonaise Kami-san. »

Je le suivais donc dans son bureau, à l'image de son café pour y signer mon contrat. La chance me souriait : j'avais en moins d'une journée un appart' et un travail...
Une fois sorties du café, je me retournais pour admirer la devanture de l'endroit où j'allais passer l'essentiel de mes journées et j'y remarquais pour la première fois son nom : The Dream Child.
« -Ne, Maki-chan, tu crois aux coïncidences?
-Pourquoi ça Hime?
-Le nom du café...The Dream Child...
et Yumeko qui peut se traduire par « l'enfant du rêve » et donc par « the Dream Child » en anglais? Non je ne pense pas que c'est une coïncidence. C'est le mektoub.
-Depuis quand tu parles arabe toi?
-Depuis que j'ai rencontré Icham à la fac...Aaaah, Icham...doux comme une corne de gazelle...
-Incorrigible Casanova, riais-je
-On ne se refait pas... Et tu n'as aucune leçon de morale à me donner mon petit, répondit-elle »

Je ne savais pas si c'était le mektoub invoqué par Maki, le destin quoi, un quelconque karma, ou bien tout simplement le hasard, mais j'étais heureuse que cet endroit qui portait le même nom que moi se soit trouvé sur ma route. Je pouvais le dire, depuis que j'avais remis les pieds sur ma terre natale, j'étais heureuse. J'avais laissé mes démons en France, et j'espérais qu'ils me laisseraient en paix.

Nous repartons donc vers la fac, pour m'y inscrire. Avant de partir, j'avais pris soin de m'assurer que je pouvais continuer mes études au Japon, j'étudiais en France dans une classe préparatoire aux grandes écoles, et j'avais pour assurée une équivalence dans n'importe quel domaine Maki étudiait l'histoire de l'art, et m'avais parlé d'un cursus un peu spécial, qui ressemblait aux cours que j'avais suivi aux États-Unis : c'était un cursus qui mêlait enseignement généraliste et arts, autant théorique que pratique : ils appelaient ça les « arts du spectacle ». Elle-même avait hésité avant de s'y inscrire, mais elle avait rencontré un Apollon qui s'inscrivait en histoire de l'art, et décida donc de s'y inscrire avec lui. Elle était décidément très impulsive, cette décision m'avait fait sourire, car je savais que son aventure avec ce Jun ne durerait que le temps qu'elle ne rencontre quelqu'un d'autre qui la ferait craquer.
" - Au fait Maki-chan, ce Jun qui t'a poussé à t'inscrire en histoire de l'art, tu le vois toujours?
-De temps en temps...quand je ne vois pas quelqu'un d'autre... Mais j'avoue que c'est spécial avec lui. Les autres, je tournais la page en moins de deux, mais avec lui, je reviens toujours. Mais ça ne m'empêche pas d'aller voir..
-Si l'herbe est plus verte ailleurs?
-Tout à fait. Yume, tu lis en moi comme dans un livre ouvert," me glissa-t-elle en me prenant le bras.
Elle me faisait tellement de bien. Après l'année que j'avais vécu, j'en avais bien besoin.
L'inscription à l'université fût plutôt facile : la France avait une réputation d'excellence, surtout dans les cursus de classe prépa. Le doyen m'avait fait une lettre de recommandation plutôt flatteuse, ce qui facilita mon entrée à l'université. J'avais des cours qui semblaient vraiment intéressants, et partageais avec Maki-chan plusieurs cours : histoire de l'art, techniques photographique, anglais, et j'avais pris sur son conseil un cours de lettres françaises.

Elle m'entraîna ensuite dans son domaine : Shibuya et le shopping! Un peu cliché, plaisantais-je, mais tellement agréable. A 18h, nous rentrons chez moi déposer les (nombreux, est ce utile de le préciser?) paquets, prendre une douche, et nous filons au Dream Child.
Une fois là-bas, entre servir à boire et préparer la salle, aller voir les artistes pour voir s'ils avaient besoin de quelque chose, régler avec eux les balances, on n'a pas le temps de souffler! Peu importe, je me sens bien et je fais quelque chose qui me plaît. A 21h, le vrai concert commence, avant ce n'était que scènes ouvertes et premières parties, et Kami-san me fait signe d'aller dans la salle et d'écouter le concert. Ce que je fis, évidemment, en entraînant Maki avec moi. Celle-ci disparut en moins de deux minutes pour aller voir « le mec trop craquant à droite de la scène ». Incorrigible.
Je me retrouvais donc seule, dans une fosse d'un concert de ska, où je ne connaissais personne bien entendu, et encore moins le groupe. Malgré tout, la musique était entrainante (du ska quoi ! ) et je me laissais aller à bouger, danser librement, sans penser à rien, juste au rythme, au son. Rien d'autre. Mes yeux étaient presque fermés, j'imaginais la salle plutôt que je la voyais réellement. Je me sentais bien, en phase.

C'était irréel.


Chapitre 3 :

POV Kamenashi

Je n'avais aucune envie de venir ici à la base. Je veux dire, ce jour-là, c'était un jeudi soir, et j'étais épuisé. Nous venions de passer une semaine assez chargée avec le groupe, entre répétitions, préparations des concerts qui approchaient, tournages divers, et shootings variés. Mais mes amis avaient beaucoup insisté pour que je sorte, ils me trouvent déprimé en ce moment. Et ce concert dans ce café-concert qu'ils fréquentaient souvent leur avait semblé une très bonne occasion, surtout pour un concert de ska. J'avais suivi sans trop de conviction, je n'avais plus assez d'énergie mentale pour résister. Je m'ennuyais un peu, et laissais mon regard vagabonder dans la foule. Certes la musique était vraiment sympa, entrainante, pleine d'énergie : ce qui me fallait.
Et c'est là que tout a changé.
La première fois que je l'ai vu n'était en aucun cas digne d'un drama. Ou alors d'un très bon drama. Elle n'était pas magnifiquement vêtue, nous n'étions pas dans une réception chiante à mourir, et elle n'était pas accompagnée par un fiancé qu'elle détestait. Non, elle était dans la fosse d'un concert de ska, seule fille au milieu d'une bande de mecs,dans une atmosphère plus que enfumée. Elle paraissait fragile, mais hors d'atteinte, comme si elle évoluait dans un autre espace que le reste de la salle. Ses gestes paraissaient ralentis, même s'ils étaient rapides, par une sorte de grâce innée, et c'était comme s'ils se détachaient nettement dans la pénombre et la fumée.
Elle n'était pas somptueusement pomponnée, oh que non. Ses longs cheveux noirs étaient attachés à la va-vite dans une queue de cheval haute qui bougeait à son rythme, et sa frange et de petites mèches éparses se collaient à son front, à sa peau luisante de sueur en ondulant. Et ce qui m'a frappé, c'était sa tenue : non qu'elle soit mal-habillée, loin de là, c'était juste hors de propos : elle portait une petite robe aux motifs africains, avec un plastron rebrodé de perles, avec des ballerines de cuir. Dans un concert de ska à tendance punk. Mais qu'importe. Elle avait l'air de s'en foutre royalement : elle resplendissait. Elle ne s'adaptait pas au monde, c'est le monde qui s'adaptait à elle.
Le coup final me fut porté plus tard, quand je me rapprochais d'elle, sans même le vouloir consciemment. Je la frôlais, et elle leva vers moi ses yeux à demi clos, pour les ouvrir : ses prunelles étaient d'or, un or vivant, ils flamboyaient. J'entrai dans son monde.
C'était irréel.

POV Yumeko

Je me sentais plutôt bien, comme protégée par la foule de la fosse, même si je n'en ressentais pas la présence rapprochée, la promiscuité collante de sueur comme j'en avais l'habitude dans les concerts en France. Je dansais tout simplement. Oh, pas comme je le faisais avant, je ne me pense pas capable de danser un jour comme je le faisais avant. C'était trop dur, tout simplement. Chaque mouvement me ramenait brusquement à cette époque dorée, où tout était si facile, où la vie était si facile. Mais cette période était belle et bien révolue, et je redescendais sur Terre trop rapidement. En m'empêchant de danser, c'était la brûlure cuisante que j'éloignais. Un mal pour un bien en quelque sorte. Mais rester statique quand la musique est aussi entrainante, c'est de la stupidité pure et simple. Je dansotais alors. Rien de transcendant, mais que c'était bon! Et me laissais aller, pour la première fois depuis longtemps.
Soudain, je sentis un frôlement sur mon bras, léger comme l'air. J'ouvris mes yeux à demi clos, et rencontrai ses prunelles noires, si noires dans la pénombre de la salle de concert. Mes yeux papillonnèrent sur son visage d'ange, parfait, comme sculpté dans le marbre par quelque artisan aux doigts de fée. Je détaillais ses sourcils arqués, sa mâchoire bien dessinée, ses lèvres pleines qui semblaient toujours boudeuses, même dans la surprise qui s'esquissait sur son visage, son nez un peu tordu. Mais ce qui m'attirait massivement, c'étaient ses yeux, noirs et durs, mais à la manière de ces toffees anglais, ceux qui étaient fourrés : il suffisait d'un rien pour que la carapace ne cède la place à un océan d'onctuosité. Son regard était profond, et c'est sans aucune retenue que j'y plongeais, en aspirant une grande bouffée d'air.
C'était irréel.

Je ne sais plus combien de temps nous étions restés comme ça, à nous regarder dans les yeux. Je décrochais parfois pour scruter le reste de son visage marmoréen, ses cheveux fins, mais revenais très vite à la découverte de ses yeux. Une de mes mains était posée sur sa joue, pour en éprouver la matière : elle était douce, chaude, souple. Oui je pense que « irréel » est un bon adjectif. Je me sentais transporté, happée dans un autre espace, comme dans cette pub pour un café où le couple protagoniste s'élève, littéralement, le temps d'un café.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
namie-chan
Senpai
Senpai


Féminin
Nombre de messages: 38
Age: 19
Localisation: Dijon
Date d'inscription: 20/08/2008

MessageSujet: Re: The Dream Child [General] {en cours}   Mar 28 Juil - 20:30

(double post gomen, mais c'est pour la suite...)

Mais un instant comme celui-ci ne pouvait durer éternellement. Nous étions quand même dans la fosse d'un concert agité, et comme on pouvait s'y attendre, on nous bouscula assez violemment. Je perdis le contact avec ses yeux, et l'équilibre par la même occasion. Une main me retient, et on me demande si ça va. Je relève la tête, presque déçue de voir Maki devant moi,qui m'entraîna aussitôt vers l'extérieur :
« -Ne, Yumeko, qu'est ce que tu fais par terre?
-Du tourisme, ou l'étude comparée des sols de salle de concert à travers le monde, répondis-je
-Tu me charries ne?
-Non, non je suis très sérieuse, riais-je, On m'a poussée, je suis tombée, CQFD. Et alors, ton mec trop mignon à côté de la scène?
-Très très occupé avec sa petite amie. Quoique j'hésite encore sur le genre de la personne qui l'accompagnait. Et sur sa fidélité à lui : il me jetait des regards très avenants, c'est pourquoi je me suis attardée un peu. Et toi, t'as fait quoi depuis que ...
depuis que tu m'as lâchement abandonnée? J'ai réfuté la théorie de la relativité, et trouvé le chaînon manquant de notre évolution.
-Qui est?
-La brute-attardée-qui-te-pousse-pendant-les-concerts. Son comportement se rapproche plus de l'animal que de l'homme.
-Hihi. Et sérieusement?
-J'ai découvert le chaînon manquant entre l'homme et l'ange. Si ce n'était un spécimen réel d'ange.
-QUOI?
-Il était...à couper le souffle, dis-je les yeux dans le vague, j'ai d'ailleurs eu le souffle coupé.
-Mais, mais, mais, comment pourquoi, QUI?, criait-elle en riant
-J'étais là, tranquillement, je dansais, et j'ai senti un bras effleurer le mien, et je l'ai vu. Et j'ai juste été absorbée par ses yeux noirs, son visage... Mah, c'était dingue. Tu sais le genre de truc qui arrive dans les contes de fées, dans les histoires d'amour.
-Mais elles finissent mal en général, ne?
-Hai.
-On rentre? J'ai vu Kami-sama devant la scène, il m'a dit qu'on pouvait y aller, et que demain il n'avait à priori pas besoin de toi. Tu commences quand la fac?
-La semaine prochaine, le temps que mon inscription soit effective et qu'elle passe par tous les bureaux de la fac. On rentre alors?
POV Kamenashi

Mais où elle est? Mais où elle est bordel? Je cherchais cette fille comme sortie d'un rêve comme un fou. Le type l'avait projetée à terre, et m'avait emporté dans sa lancée. Après lui avoir envoyé mon poing dans la figure, j'avais voulu retourner où nous nous trouvions. J'avais été comme envoûté, c'était un sentiment tellement étrange que je voulais savoir si c'était mon imagination qui me jouait des tours ou si c'était vraiment aussi agréable. Ah, je ne le trouvais pas. Je cherchais donc à nouveau ce type qui nous avais séparé, histoire de lui faire comprendre que ce qu'il avait fait était du plus mauvais goût. Lui aussi était introuvable; mais qu'avaient ils tous à disparaître comme ça, en un clin d'œil? Je retrouvais finalement mes amis qui m'avaient traîné ici :
« -Oi, Kame, qu'est ce que tu foutais, on t'a cherché partout toute la soirée ?!
-A croire que ce concert est en fait une gigantesque partie de cache-cache, grommelais-je pour moi-même,
-Nani?
-Rien rien, je pensais à voix haute, répondis-je. J'étais nulle part, ici et là, je me baladais.
-Dans un concert, on se balade pas, on écoute le plus souvent.
-Merci Kôki, tes remarques sont toujours aussi pertinentes, nota Ueda
-De rien, mon cher.
-Ne, les mecs, on s'arrache?, proposa Junno
-Pour aller où?, demanda Jin
-Dans un bar quelconque, je sais pas moi...
-Pour avoir des ennuis avec les paparazzis, non merci, répliqua Nakamaru, le plus sage de la bande
-On n'a qu'à aller chez moi proposa Kôki, j'habite le moins loin, et on continue la soirée là-bas.
-Vendu, décidèrent le reste du groupe, en se dirigeant vers la sortie. »

Les gens avec qui j'étais sorti, ou plus connus sous le nom de KAT-TUN. Ils étaient mes collègues avant tout, les gens avec qui je passais le plus de temps depuis des années. On peut trouver curieux d'avoir pour amis ses collègues. Je suis plutôt d'accord, mais le monde des Johnny's était particulier : on passait tellement de temps ensemble, qu'ils me connaissaient par cœur : si au début nous n'étions pas plus proches que ça, au fil des années, des liens profonds s'étaient crées entre nous, qu'on le veuille ou non. Certes, nous ne paraissons pas aussi proches que peuvent l'être des NEWS ou des Kanjani8, mais ce qui se passait devant la caméra était autre chose que la réalité. Nous passions souvent des soirées comme celle-là, simplement. On savait pertinemment que le public d'un concert de ska ne pouvaient pas reconnaître les idols que nous sommes, et même s'ils nous reconnaissaient, ils s'en fichaient comme de leur premier pétard.
Je tentais de coller à l'enthousiasme qui les caractérisait, mais j'étais tellement agacé d'avoir laissé partir cette fille sans savoir son nom, d'avoir été si brutalement éjecté de ses yeux, que je me renfermais peu à peu.
« - Ne Kame, genki desu ka?, m'interpella Ueda
-Hai, hai, tout va bien!
-T'en es sûr? T'as l'air préoccupé, ennuyé. »
Ce Ueda. Il percevait tout, absolument tout. On avait eu quelques différents auparavant et on s'engueulait encore beaucoup, mais nous étions proches, et il avait cette qualité que j'appréciais vraiment : s'il était discret, il n'était pas coupé du monde : il était très observateur, rien ne lui échappait. C'était lui qui avait décrété que j'avais l'air déprimé, et que j'avais besoin de me changer les idées. Il savait aussi écouter et conseiller.
« -C'est que...
-Ah, alors il y a VRAIMENT quelque chose, jubilait-il
-Hai, hai, tu as gagné. C'est cette fille, elle m'a retourné...
-...elle t'a entrainé dans les toilettes pour t'y faire sauvagement l'amour ?
-Ueda, t'es vraiment un pervers. Non non, désolé de te décevoir, on s'est juste regardé. Pendant une éternité, ou un instant je sais pas, on était dans un autre monde. C'était tellement, je sais pas, merveilleux. On se regardait juste, et ça se passait de mots, j'étais captivé, elle était captivée.
-Elle ressemblait à quoi?
-Pas très grande, de très longs cheveux noirs, la peau claire...
-Une japonaise tout ce qu'il y a de typique quoi.
-Mais non ! Elle avait de ces yeux, elle devait être métisse, ils étaient dorés, de l'or liquide.
-C'est pas courant ça, reconnut-il
-Et elle avait des traits fins, et une présence...à couper le souffle. Tu sais comme quand tu as l'impression qu'il n'y a qu'une seule personne sur terre, alors que la salle est bondée. C'est ouf comme sentiment ne?
-Plutôt oui. Si je te connaissais pas quand tu es soûl, je dirais que tu es complètement pété. Et elle s'appelait comment cette charmante apparition?
-C'est ça le problème.
-Tu sais pas comment elle s'appelle? Tu te fous de moi? Tu me dresses le portrait de la femme idéale, et tu ne sais même pas son nom. Quoique c'est peut être ça qui est bon : le mystère...
-Ueda-kun, je te demanderais de remettre tes méditations métaphysiques sur l'amour à plus tard. Et j'ai jamais dit que c'était la femme idéale : c'est une fille qui m'a époustouflée. Je crois que je voudrais savoir si c'était juste moi, ou si elle a ressenti la même chose. La connaître plus. Mah, tu aurais vu ses yeux, tu m'aurais compris. Ils avaient l'air de te raconter son histoire, sans même utiliser des mots.
-Mah si tu le dis. Enfin, ils t'ont peut être raconté une histoire, mais ses yeux ne t'ont pas dis comment elle s'appelait, même pas son numéro. Dommage Kame-kun. C'est pas ce soir que tu rentreras accompagné.
-Ueda.
-Oui je sais. Monsieur ne veut pas. Monsieur ne veut plus. Mais écoute-moi, sans blaguer, le truc depuis quelque temps avec toi, c'est que tu ne veux plus te battre. T'as plus la hargne, la rage qui faisait de toi ce que tu es. Tu étais vainqueur, déterminé, ce que tu voulais tu l'obtenais, à coup sûr. Et depuis quelques semaines, tu es vidé. T'as plus goût à rien. Le Kame que je connais aurait prévu depuis longtemps cette soirée depuis longtemps, et aurait rameuté tous ses amis. Mais en as-tu seulement encore des amis à part nous?
-...
-Le Kame que je connais m'aurait déjà envoyé son poing dans la figure pour ce que je viens de dire. Qu'est ce qui va pas Kazuya? Tu sais que si tu ne vas pas bien, tu peux nous en parler. Tu dois nous en parler. C'est important. Nous tenons à toi. Tu es important. Iku?
-On y va. »

Les mots de Ueda étaient toujours durs à digérer, mais ils étaient vrais. J'avais perdu l'envie de me battre, de faire de mon mieux depuis quelques mois. Mais cette fille...elle me donnait envie de la revoir, et de faire de mon mieux. Pour revoir ses yeux d'or en fusion, et remplacer la tristesse, la blessure profonde qui y brillait par de l'espoir. J'avais retrouvé un but, une motivation. La retrouver, et savoir pourquoi. Pourquoi ses yeux avaient mal.


POV Yumeko

On était donc rentrées avec Maki-chan chez moi, après s'être baladées dans les rues de Tokyo. C'est un truc qu'on faisait souvent, une sorte de rituel inconscient : on rentrait directement à la maison que très rarement, et encore moins quand on n'était pas pressées. Ce soir-là, je réappris ma ville. On ne vit pas dans la même ville quand on a douze ans et quand on va en avoir dix neuf. Tokyo pour moi était un gigantesque terrain de jeu à l'époque de mon enfance, et maintenant j'allais pouvoir jouer. « Tokyo, Tokyo, tu me reconnais? C'est moi, Yume-chan. On a changé toutes les deux ne? Mais si je reviens, c'est pour recommencer, pour redevenir celle que j'étais. » je pensais en marchant dans les rues bruyantes et illuminées comme en plein jour. J'entrais peu à peu en contact avec ma nouvelle vie, et Maki faisait un très bon guide, en me montrant du doigt les endroits où elle avait l'habitude de sortir avec ses amis, et me promis de me les présenter dès le lendemain :
« -Tu vas voir, tu vas adorer Mari-chan et Fuji-kun. Ils étaient avec moi au lycée, je t'en ai déjà parlé ne?
-Oui, en tous cas de Mari-chan.
-Eux n'entendent parler que de toi depuis des années. Quand j'ai décommandé notre soirée d'hier soir parce que je devais aller te chercher à l'aéroport, ils étaient presque aussi excités que moi.
-Ah bon? Je ne suis pas si intéressante que ça tu sais.
-Non tu n'es pas intéressante, tu es ma meilleure amie qui vit en France depuis des années, tu es donc formidablement exotique, et tu as remplacé dans la bouche de tout mon amphi le dernier album des KAT-TUN!
-Nande? De tout ton amphi?
-Je n'ai jamais su tenir ma langue. Et puis j'avais cours ce matin, j'ai demandé à des amis de me couvrir, et...tu sais comment sont les jeunes...un potin un peu original et ils ne s'en remettent pas...surtout d'une française...ça a circulé dans la fac... Tu n'es pas fâchée, ne?
-Je suis sur le cul. La fille qui a écrit Gossip Girl a du s'inspirer de ta vie pour écrire ses bouquins, je ne vois pas d'autre solution à ton machiavélisme du potin. Fais-lui un procès, tu te feras de l'argent.
-Okane...je m'en fous moi de l'argent, c'est parce que j'étais trop contente que tu reviennes au pays, moiiiii.... »

Quelques larmes perlaient au coin des yeux de Maki, et sa voix s'enrayait.
« -Ne, Maki?
-Hai? , répondit-elle, en relevant la tête
-Joke-desu !
-Ah, joke... Nande, joke?! Ne, Yume, tu es cruelle tu sais?
-Parfaitement. Il paraît que c'est le côté dominateur que j'ai trop longtemps étouffé en moi qui dois ressortir.
-Ah, so ka. »


J'avais laissé échappé ces paroles, ses paroles comme si de rien n'était, mais au moment où je les prononçais, je sentis le coup, du côté du cœur. La cruelle morsure qui caractérisait tout ce qui se rapportait de près ou de loin à lui. Elle dût sentir mon trouble, elle n'insista pas sur mes mots étranges.

Rentrées chez moi, on s'allongea dans mon lit, enlacées comme nous le faisions quand l'une de nous faisait un cauchemar.
« -Yokatta, ne Yume.
-Doshite?
-Yumeko wa tadaima.
-Yokatta mo. Arigatôu ne. Oyasumi.
-'sumi » bailla Maki.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Neyuu
Sensei
Sensei


Féminin
Nombre de messages: 157
Age: 15
Localisation: Toulouse
Date d'inscription: 13/02/2009

MessageSujet: Re: The Dream Child [General] {en cours}   Mar 28 Juil - 22:07

Je suis ravie que tu ais mit la suite ! En plus, elle était relativement longue, ça fait plaisir !

Alors, je ne sais pas trop par quoi commencer. Il me semble que la rencontre avec Kame est la chose la plus intéressante du chapitre. Donc je vais en parler.
J'aime cette rencontre ! Elle m'a fait quelque chose, et j'ai très bien pu m'imaginer la scène.
Ils semblaient complètement en osmose et je crois que le message est très bien passé.
Il va se passer un truc entre eux.
Et bien que je n'aime pas Kame en réalité, si c'est un Kame comme tu l'as créé, ça ne me dérange pas du tout.
Bref, c'était vraiment un passage très beau.

Ensuite, il faut quand même que je parle de Maki et de la relation qu'elle a avec Yumeko.
Et bien je trouve qu'elles ont l'air de bien s'entendre, tu réussis bien à faire passer l'amitié qu'il y a entre eux. Et puis, elle est marrante Maki.

Ah aussi ! Je trouve que " The Dream Child " et "Yumeko" rajoute un certain charme.
C'était bien trouvé !

Bon, je trouve toujours que tu écris bien. Effectivement, dans ce chapitre il y a quelques tournures de phrases maladroites à mon goût, mais je te rassures, ça ne saute pas aux yeux. Je suis sûre que c'est le genre de choses qui se rattrapent facilement ; )
Il faut peut-être que tu fasses attention aux quelques répétitions et aux fautes de temps. J'en ai vu quelques unes.

Ensuite, ce que je vais dire concerne totalement mon goût à moi et tu n'es pas obligée de suivre ce que je te dis, seulement, je trouve qu'il y a beaucoup trop de mots japonais utilisés. D'accord, elles sont au Japon, mais le texte est français avant-tout. Je me plaindrais énormément si un des livres que je lis sur le Japon contient un grand nombre de mots japonais.
Je sais que pas mal de personnes utilises des expressions japonaises dans leur fiction, je crois même que j'ai du en utiliser, mais personnellement je ne sais pas encore parler japonais et si certains mots peuvent passer tout naturellement, d'autres sont lourds.

Bref, mise à part ce problème de japonais, je trouve qu'il y a beaucoup de choses positives dans ta façon d'écrire, bravo.
Maintenant, j'attends la suite avec impatience ! =)

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
namie-chan
Senpai
Senpai


Féminin
Nombre de messages: 38
Age: 19
Localisation: Dijon
Date d'inscription: 20/08/2008

MessageSujet: Re: The Dream Child [General] {en cours}   Mar 28 Juil - 23:17

Merci !
Je suis contente que tu aimes la scène de la rencontre, j'y tenais beaucoup, elle m'a donnée pas mal de fil à retordre, et encore, je suis presque déçue du résultat... Mais si il plaît tant mieux.
Le personnage de Maki, pour moi, est très important, je considère l'amitié comme essentielle, et ça me poursuit jusque dans mes fics ^^, dans la "dramaturgie" du personnage de Yumeko, c'est quelqu'un de primordial, ça me semble juste indispensable en fait qu'on aime la meilleure amie de Yumeko. Je m'embrouille là, donc je vais me taire, juste rajouter que ça me fait plaisir que tu aimes ce personnage ^^

Et merci d'avoir aussi énoncé ce qui allait pas, j'essayerai d'y faire plus attention. Pour les fautes, j'en fais peu habituellement, mais j'écris souvent très rapidement, et parfois mes doigts vont plus vite que mon sens de l'orthographe. Pour les répétitions, je le sais parfois, mais soit j'arrive pas à m'en sortir et je me dis "c'est moche mais tant pis, j'avance et je change après" et j'oublie de changer, soit c'est comme pour les fautes, je m'en rends pas totalement compte. (genre je me trouves des excuses ^^)

Et pour ce qui me semble être ton problème principal, le trop plein de japonais, j'y ferais attention à l'avenir.
*court re-lire les chapitres qu'elle a déjà écrit pour voir s'il y a du changement à faire*
j'ai tendance à mettre beaucoup de "ne?", je me le dis moi-même, c'est un tic de langage, je le fais aussi quand je parle.

En un mot comme en cent, merci beaucoup et j'espère que la suite va continuer à te plaire !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Neyuu
Sensei
Sensei


Féminin
Nombre de messages: 157
Age: 15
Localisation: Toulouse
Date d'inscription: 13/02/2009

MessageSujet: Re: The Dream Child [General] {en cours}   Mar 28 Juil - 23:54

Ha, si je te rassure sur la scène de rencontre et Maki, je suis contente.
Parce que bon, je dis souvent ce qui ne me plait pas dans un texte, et je sais pas si ça paraît méchant, mais en vrai je suis pas méchante du tout ni extrêmement sûre de moi pour déclarer ce genre de choses ! MDR

Pour les fautes d'orthographes, personnellement, je ne cherche même plus à y faire attention si on ne me le demande pas maintenant. Donc pour ta fiction, je ne les ai pas vu. Ce que j'ai remarqué, ce sont les fautes de temps. Et les quelques répétitions comme tu le sais ; )

Et pour le japonais, justement, le mot "ne" est un de ceux qui ne me dérangent pas du tout !
C'est plutôt les phrases en fait, genre " Genki desu ka ? "
Je trouve ça déplacé, même si je sais ce que ça veut dire ( et oui, les dramas servent à quelque chose xD )

P.S : juste par simple curiosité et tout hasard, tu n'aurais pas un blog appelé Koikette ?

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
namie-chan
Senpai
Senpai


Féminin
Nombre de messages: 38
Age: 19
Localisation: Dijon
Date d'inscription: 20/08/2008

MessageSujet: Re: The Dream Child [General] {en cours}   Mer 29 Juil - 12:48

Ok je vois (je vais pouvoir me laisser aller à dire "ne?" tout le temps ^^), j'en enlèverais...

Pour répondre à ton PS, non je n'ai pas de blog appelé Koikette, je suis plutôt absente de la blogosphère, pourquoi?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Neyuu
Sensei
Sensei


Féminin
Nombre de messages: 157
Age: 15
Localisation: Toulouse
Date d'inscription: 13/02/2009

MessageSujet: Re: The Dream Child [General] {en cours}   Mer 29 Juil - 14:11

Simplement parce que dernièrement, j'ai vu un blog dont la créatrice se faisait appeler ( ou peut-être c'est son vrai nom ! ) Nami.

Je demandais simplement comme ça. ^^

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Lily
¤KANJA' ADDICT¤
Ryo & Tacchon fan



Féminin
Nombre de messages: 577
Age: 22
Localisation: Cherchez, vous me trouverez peut-être... ou pas...
Date d'inscription: 22/12/2008

MessageSujet: Re: The Dream Child [General] {en cours}   Mer 29 Juil - 19:49

    Le début est plutôt prometteur et si je n'aime pas beaucoup Kame (à vrai dire, je crois que je passe par une période "anti-kame"), j'ai pris plaisir à lire ta fic ^^

    On a envie d'en savoir plus sur Yumeko, on s'attache rapidement à elle et à sa meilleure amie. Bref, même si la rencontre fait très guimauve (mais j'aime le guimauve, je suis total adepte du guimauve XD) j'ai envie d'avoir la suite ^^

    Très court commentaire m'enfin, l'essentiel c'est de commenter XD

_________________
~Kanjani∞-addict-fan-team powaaaaaa!~
Yellow's fan

Atteinte également par l'effet Uchi Hiroki
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://lily-nee.skyblog.com
namie-chan
Senpai
Senpai


Féminin
Nombre de messages: 38
Age: 19
Localisation: Dijon
Date d'inscription: 20/08/2008

MessageSujet: Re: The Dream Child [General] {en cours}   Mer 29 Juil - 20:35

Merci :)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

The Dream Child [General] {en cours}

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
~Hanashi No Yume~ :: 

• Fan fictions .

 :: KAT-TUN
-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet