Titre : Rencontres au restaurant
Type : voyage, découverte
Rating : PG-17 (pas de lemon mais bon... comportements et mots employés qui font que je préfère prévenir)
Mini résumé : Yuto Tsukiyama est serveur en France. Il part au Japon lorsque son patron y ouvre un restaurant. Il va découvrir les johnny's.
Mot de l'auteur : Voilà ce foutu machin avec lequel je vous rabat les oreilles sur la box xD Je pensais en faire une mini-fic mais finalement j'ai un peu abrégé parce que... Ben parce que xD
Je m'excuse dès maintenant auprès de kaa-chan et j'espère pouvoir m'en sortir en vie T_T
Bonne lecture.
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Sa petite vie n'était pas très compliquée, il aimait la simplicité et le calme. Les grandes aventures, les voyages ne l'attiraient que très peu. Son appartement, son travail, ses amis lui suffisaient. Il vivait tranquillement et ça lui convenait.
Yuto Tsukiyama était moitié japonais, moitié français. Son père était né au pays du soleil levant et était venu travailler en France où il avait rencontré Sophie. Yuto était né quatre ans plus tard. Il avait adoré ses parents et avait été heureux près d'eux. Mais il aurait aimé les chérir plus. Ils étaient morts durant la seizième année de sa vie, par la faute d'un conducteur de camion saoul. Yuto avait eu du mal à finir le lycée. Il s'était tellement renfermé en lui-même qu'il n'y allait plus. Pourtant il étudiait ! Mais trop justement, souvent jusqu'au petit matin, essayant de se maintenir à niveau. Il manquait les cours à cause de la fatigue et de l'appréhension à se retrouver entouré de monde. Il ne pouvait plus rester longtemps hors de chez lui, au milieu de gens qu'il ne connaissait que peu. Il n'aimait pas leur pitié pour lui, leur tentative de sympathie. Les gens autour de lui étaient faux. Tous sans exception. Aucun d'eux ne pouvait le comprendre. Pire, ils étaient tous capables de commettre le même meurtre. Tout le monde buvait et prenait le volant après. On s'apitoyait sur son sort et on allait boire le soir même. Non, il ne voulait pas avoir à faire avec ces êtres.
Yuto avait mis du temps à se remettre de la mort de ses parents, à retourner à la vraie vie. Il avait réussi à avoir son bac et s'était motivé comme jamais pour chercher du travail. Il voulait être indépendant, ne plus dépendre de ses grands-parents et revivre dans la maison de ses parents. Il avait trouvé un travail de serveur dans un petit restaurant. Il y était resté plus de deux ans, puis avait démissionné pour un travail dans un meilleur restaurant. Cela faisait maintenant trois ans qu'il y servait. Avec le chef cuisiner et un de ses marmitons, il était un des plus anciens employés. Le patron était très strict et nombre de ses employés étaient partis, ne le supportant plus. Yuto l'aimait pourtant beaucoup cet homme bourru et grognon. Il savait que le masque sévère derrière lequel il se cachait n'était qu'une façade fragile. Et puis, il était normal de vouloir à tout prix que les serveurs et les cuisiniers aient une hygiène irréprochable. Mais il est vrai que le ton brusque et peu aimable que M. Pelletier utilisait n'était pas toujours nécessaire et surtout très peu apprécié.
- Bonjour, monsieur, lança joyeusement Yuto en entrant dans le restaurant encore fermé.
- Bonjour Yuto. Tu vas avoir du travail aujourd'hui. On a plusieurs réservations et il n'y a que Diana pour t'aider.
- Et Guillaume ?
- Congé.
- Ah oui, j'avais oublié.
- Va te changer et lave-toi bien les mains.
- Oui, monsieur.
Yuto se dirigea vers le vestiaire. La journée allait être difficile... Diana était une nouvelle serveuse gentille, enjouée mais un peu maladroite. Elle avait une fois inversé des commandes, une autre fois, renversé une pile d'assiettes... Les catastrophes n'étaient pas si nombreuses mais Yuto ne pouvait s'empêcher de la surveiller du coin de l'oeil lorsqu'il travaillait avec elle. Il était responsable des serveurs et voulait que tout soit toujours parfait. Des clients insatisfaits n'étaient pas souhaitables. Ils ne revenaient pas, ils faisaient de la mauvaise publicité et un client mécontent n'était pas agréable à servir. Yuto préférait quand les clients lui disaient "merci" quand il posait un plat devant eux, ou lui souriaient gentiment.
Il finissait de se changer lorsque sa collègue arriva. Il lui laissa la place dans le vestiaire, et alla vérifier les tables. Comme partout, on les dressait à la fin du service précédent, et Yuto commençait son service en faisant le tour des tables. Il replaçait minutieusement les couverts, contrôlait la transparence des verres. Il passait parfois un rapide coup de balai quand il le jugeait nécessaire. C'est parce qu'il était si sérieux que M. Pelletier l'aimait bien. Il pensait qu'un jeune homme comme lui était rare. Jamais il ne perdait son sang-froid, il était aimable même quand les clients étaient détestables. Pour M. Pelletier, Yuto était un serveur de grande classe. Un serveur qui mériterait de servir dans un grand restaurant. Mais il ne pourrait se résoudre à le laisser partir. Il avait d'ailleurs quelques projets pour lui.
- Yuto, tu viendras dans mon bureau tout à l'heure. J'ai à te parler.
- Bien monsieur.
Yuto regarda son patron partir vers les cuisines. Avait-il fait quelque chose de mal ? Il ne pouvait se permettre de perdre son travail ! Il devait faire des rénovations dans la maison de ses parents et il avait absolument besoin d'argent.
Les clients étaient partis, les tables étaient refaites, Diana passait le balai. Yuto se résolu à monter dans le bureau de son patron. Il croisait les doigts pour que le patron ne lui apprenne pas une mauvaise nouvelle.
- Entre, Yuto, entendit-il après avoir tapé deux petits coups sur la porte du bureau.
Il entra timidement.
- Vous vouliez me parler ?
- Oui. Viens t'asseoir.
Yuto prit son temps pour s'installer et M. Pelletier attendit qu'il soit en place pour continuer.
- Je vais être direct, tu sais que je n'aime pas tourner autour du pot.
Ça, Yuto le savait...
- J'ouvre un restaurant au Japon dans trois mois. Je voudrais une personne de confiance pour m'aider à le lancer. J'aime ton travail, tu es sérieux dans ce que tu fais. Je te propose donc de m'accompagner. Tu auras le même poste qu'ici, tu seras chargé de former les serveurs, de t'occuper des tables, bref, exactement comme ici.
M. Pelletier se tût, attendant la réponse de Yuto. Celui-ci mis plusieurs secondes à réagir.
- Pardon ?
Yuto n'était pas sûr d'avoir tout compris. Son patron lui demandait de... partir ? d'aller au Japon ? de quitter la France ? de quitter la maison de ses parents ? Impossible ! Jamais il ne pourrait s'en aller ! Il voulait rester ici, près de la tombe de ses parents ! Ses amis étaient ici également. Il n'avait rien au Japon ! Certes, ses grands-parents paternels ainsi que les frères de son père s'y trouvaient mais... Bien sûr qu'il les connaissait, il voyait ses grand-parents tous les ans, mais... Il ne voulait pas partir ! Certes, il parlait japonais, son père lui avait appris, mais... Non !
- Je... Je suis désolé, monsieur, je... Je ne peux pas accepter.
- Je te payerai plus.
- Ce n'est pas une question d'argent, monsieur. Je ne peux pas partir.
- Yuto... J'ai réellement besoin de toi là-bas. Tu es le seul à pouvoir m'aider. Tu parles japonais couramment, tu ES japonais ! Et français à la fois. Les clients apprécieront.
- Vous n'avez qu'à engager des étudiants français là-bas.
Yuto n'avait jamais eu autant de répartie. Il se trouvait presque insolent. Mais il ne pouvait pas y aller.
- Je ne te demande pas d'y aller jusqu'à la fin de ta vie ! Juste quelques mois pour m'aider ! Après, je te laisserai revenir ici ! Mais il faut que tu m'aides à lancer le restaurant.
- Je... Je ne sais pas, monsieur. J'ai besoin de réfléchir...
Il avait besoin de fuir ce bureau où sa vie manquait d'être bouleversée. Il devait fuir et se calmer.
- Trois mois plus tard -
Finalement, Yuto avait accepté... Lui qui n'aimait pas les changements dans sa vie avait décidé de partir au Japon. Ses grands-parents s'étaient faits une joie de l'accueillir pour quelques mois. Kenichi, son grand-père avait refait à neuf la chambre de son père. Il avait même proposé de lui acheter une voiture pour faciliter ses déplacements et Yuto avait dû lui répéter de nombreuses fois qu'il ne pouvait pas conduire au Japon même avec le permis français et qu'il n'aurait pas le temps de passer le permis japonais.
Il était allongé sur l'ancien lit de son père, dans l'ancienne chambre de son père. Finalement, il avait eu raison de faire le voyage. Il redécouvrait un peu son père. C'était en parti pour cela qu'il était venu au Japon. Après une simple remarque innocente de Diana. "Ton père a vécu là-bas, tu pourrais apprendre des choses sur lui". Voilà ce qu'elle avait dit. Sans arrière-pensées. Elle n'essayait même pas de le convaincre à partir. Ils en discutaient simplement comme ça autour d'une tasse de café. Et lui, bêtement, il avait bloqué sur cette petite phrase sans signification. Il y avait tellement réfléchi qu'il avait passé son jour de repos enfermé chez lui à regarder les vieilles photos de ces parents. Yuto avait longtemps regretté de ne pas avoir eu le temps de mieux connaître ses parents. Au fil des années passées sans eux, il avait trouvé des milliers de question à leur poser. En allant au Japon, il aurait peut-être quelques réponses. Il pourrait interroger ses grands-parents au sujet de son père.
Yuto ferma les yeux. Il ressentait les effets du décalage horaire mais il se sentait bien. Il avait l'impression de sentir la présence de son père. Tous les meubles, les livres et les quelques objets de décoration avaient appartenu à son père. Il se trouvait dans l'univers de son père à son âge. Yuto se redressa et détailla la pièce. L'ambiance lui plaisait. Il trouvait qu'elle ressemblait beaucoup à son père. Simple et accueillante.
Le restaurant était ouvert depuis quelques jours. Yuto avait rapidement formé une serveuse, une française. Sarah ne se débrouillait pas trop mal, mais Yuto ne l'aimait pas trop. Il la trouvait superficielle et bavarde. Elle savait néanmoins se tenir correctement face aux clients. Cela suffisait à Yuto et M. Pelletier. Il n'était pas nécessaire qu'ils deviennent de bons amis. Surtout que Yuto ne resterait pas plus de quelques mois.
Cela faisait maintenant plus de deux semaines que le restaurant était ouvert. C'était un jeudi soir et les clients n'étaient que peu nombreux. Sarah venait d'en placer des nouveaux et de leur tendre les cartes de menu avant de se retirer précipitamment. Elle se précipita sur Yuto.
- Tu pourrais t'occuper des nouveaux clients ? Moi, je ne pourrais pas.
- Pourquoi ? Ils sentent mauvais ?
Sarah le regarda avec des yeux ronds.
- Tu ne les connais pas ?
- Hé ? Pourquoi devrais-je les connaître ?
- Ce sont des Johnny's !
- Des quoi ?
- Des idoles masculines aussi célèbres que le président de la République !
- Ah...
- Tu ne les connais vraiment pas ?
- Bah non. Je ne suis au Japon que depuis trois semaines.
- Je les connaissais déjà quand j'étais encore en France...
- Ah... Je ne suis pas très branché idol, je crois.
- T'es un mec, ça se comprend, ça ne doit pas t'intéresser. Mais je peux t'assurer que ces mecs sont connus et talentueux.
- Tu veux toujours que je m'en occupe ?
- Oui. Je n'ose pas les approcher. Je sens que je vais passer pour une idiote sinon...
Sarah s'éloigna enfin. Yuto se tourna vers les clients apparemment si spéciaux. "Ç a ne doit pas t'intéresser."
- Si tu savais... se murmura Yuto à lui-même.
Il se dirigea lentement vers leur table pour prendre les commandes.
- Vous avez choisi ?
- Pas encore, désolé.
- Bien, je reviendrais.
Yuto partit en cuisine vérifier si des plats étaient prêts à être servi. Il avait rapidement détaillé les "idoles". On comprenait vite pourquoi ils l'étaient. Ces trois jeunes hommes étaient beaux. Simplement beaux. Même si un peu jeunes. Yuto leur donnait une quinzaine d'années maximum. Ils avaient du potentiel pour le futur. Yuto leur laissa cinq minutes et retourna prendre leurs commandes. Ils avaient choisi cette fois et Yuto prit soigneusement en note ce qu'ils désiraient.
Ils furent bruyants pendant leur repas. Yuto alla les voir pour leur demander poliment de parler moins fort et de ne pas déranger les autres clients. Les trois jeunes hommes s'excusèrent et baissèrent d'un ton. Ils ne se firent plus remarquer.
Après leur service, Sarah alla voir Yuto.
- Yuto, les trois idoles que tu as servis... Ce sont des Hey! Say! Jump. Le dernier groupe de Johnny's passé major.
- Ah.
- Je pense qu'il faudrait au moins que tu puisses les reconnaître au cas où d'autres viendraient.
- Pas besoin. Ce sont des clients comme les autres.
- C'est vrai mais... Non, rien.
- Quoi ?
- Je pensais juste que ça ferait une bonne pub pour le resto d'accueillir des Johnny's.
- Si ce sont vraiment des idoles comme je pense, nous aurions des problèmes surtout... Nous n'aurions plus que des groupies comme clientes.
- Ah oui, je n'avais pas pensé à ça.
- Bon, je rentre chez moi, à demain.
Yuto partit sans attendre la réponse. Sarah lui conseillait de se renseigner sur les Johnny's ? Oh mais, il comptait bien le faire. Si ces trois jeunes étaient si beaux, à quoi fallait-il s'attendre pour leurs aînés ? Il devait bien avoir quelques mecs de son âge qui travaillaient aussi comme idoles, non ? Depuis le temps que Yuto n'avait pas eu de petit copain, il pouvait bien se permettre de mater un peu des mecs qui bossaient dur pour cela.
Le lendemain, s'étant levé tôt, il s'installa devant son ordinateur. Il décida de faire une recherche d'images avant tout. Histoire de voir quelles têtes avaient ces fameux Johnny's. Le résultat ne se fit pas prier et Yuto fut légèrement désemparé. Il y avait autant de Johnny's ? Après presque deux heures de recherches, il avait appris l'essentiel. Des majors, des juniors, de beaux jeunes hommes qui savaient chanter, danser et jouer la comédie. Il avait reconnu les trois jeunes qui avaient mangé la veille au restaurant. Yamada Ryosuke, Chinen Yuri et Morimoto Ryutaro. Yuto avait eu raison. Ces trois-là n'étaient pas les plus intéressants de l'agence. Les groupes composés de jeunes de sa génération étaient plus attirants. Il en avait repéré plusieurs qui correspondaient bien à son style d'homme. Voyant que l'heure de partir au travail était arrivée, il stoppa ses recherches et se promit de les reprendre plus tard. Les Johnny's semblaient être vraiment intéressants.
Sarah l'avait pris à l'écart dès son arrivé.
- Hier, je crois avoir entendu les trois Hey! Say! Jump dire que tu étais au goût de l'un d'entre eux.
- Hé ?
- Il semblerait que tu plaises à un des trois Johnny's qui étaient là hier... Ne me dis pas que tu ne te souviens plus d'eux !
- Si, si je m'en souviens, mais... Pourquoi tu me dis ça ?
- J'ai pensé que tu devais être au courant si jamais ils revenaient.
- Pourquoi ne pas me l'avoir dit hier ?
- Tu es parti trop vite, tu ne m'as pas laissé le temps.
Mais les trois jeunes ne revinrent pas avant plusieurs semaines. Le restaurant était bien lancé et Yuto pensait à rentrer en France.
Chinen Yuri était revenu avec Yabu Kota, un membre de son groupe. En les regardant, Yuto pensa qu'il y avait une différence d'âge énorme dans un même groupe. Il se chargea de les servir. A un moment, le plus vieux des deux Johnny's lui parla.
- Excusez-moi, pourrions-nous savoir votre nom ?
Yuto fut surpris mais répondit poliment.
- Yuto Tsukiyama.
- Désolé pour cette question, mon ami voulait à tout prix savoir comment vous vous appelez.
Yuto glissa un regard vers le plus jeune. Celui-ci semblait un peu gêné.
- Mais il est trop timide pour le demander lui-même, continua Yabu Kota.
- Tais-toi, grogna Chinen.
- Vous n'êtes pas entièrement japonais, pas vrai ?
- Je suis à moitié français.
- Français ? Vous êtes déjà allé en France ?
- J'y suis né et y ait vécu.
- Waou. C'est impressionnant.
- Pas tant que ça.
- Tu ne trouves pas ça cool, Chinen ?
Le concerné rougit un peu avant de répondre :
- Si. C'est vraiment bien.
Yuto s'excusa alors, il avait encore du travail. Et ça ne l'intéressait pas de discuter avec des gamins comme eux. A la limite, s'ils étaient avec quelques uns de leurs sempaï, Yuto aurait bavardé avec plus de bonne volonté.
Après quelques minutes, Sarah lui glissa deux mots à l'oreille :
- Yabu conseille à Chinen d'y aller plus franchement. De te dire les choses directement. Fais attention.
Et elle s'en alla aux cuisines poser les assiettes qu'elle débarrassait. Yuto regarda les deux jeunes Johnny's. D'un côté, le plus petit avait de la chance en ayant des vues sur lui. Etant gay, il était à même de répondre à ses avances, mais... Chinen ne plaisait pas vraiment à Yuto.
Les derniers clients à partir furent ses deux jeunes hommes. Yuto et Sarah commencèrent à nettoyer le restaurant.
- Yuto... Regardes dehors.
Il fit ce que Sarah lui demandait.
Chinen Yuri était posté devant la porte. Comme il pleuvait dehors, Yuto le prit en pitié et ouvrit la porte.
- Vous avez besoin de quelque chose ?
- Hé bien... J'aimerais vous parler.
- A moi ?
- Oui.
Yuto hésita un instant.
- Entrez.
Il se poussa et tint la porte le temps que Chinen entre.
- Que voulez-vous ?
- Faire... connaissance.
- Faire connaissance ?
- Je suis Chinen Yuri, enchanté.
Yuto resta silencieux quelques secondes.
- Yuto Tsukiyama, enchanté.
Voyant que le plus jeune ne savait comment quoi dire, Yuto enchaîna :
- Tu es un Johnny's, c'est ça ? C'est pas dur comme boulot ?
- Parfois si, répondit Chinen, ravi que Yuto est lancé la conversation. Mais, j'aime chanter et être sur scène. Et être acteur est amusant parfois.
- Ah bon... Je ne connais pas beaucoup la Johnny's jimusho mais ça me donne l'impression que vous êtes des bêtes de foire... Vous devez plaire et avoir beaucoup de fans.
- Tu as une vision spéciale des idoles.
- N'est-ce pas un peu vrai ? Vous devez être beau, vous faire voir partout, mais on ne vous demande pas de savoir que un plus un est égal à deux.
- Tu ne vois que les mauvais aspects. Nous devons faire preuve de débrouillardise et de capacité d'adaptation bien souvent. Il faut qu'on soit malin.
- Ah...
- Et puis, certains d'entre nous ont fait ou font des études. Nous avons des diplômés de Waseba, par exemple.
- Je vois.
- Nous ne sommes pas des bêtes de foire.
- D'accord.
- Mais ça fait tout de même plaisir de savoir que tu nous trouves beau.
Yuto posa son balai contre le mur le plus proche.
- Ecoute... On doit avoir dix ans d'écart.
- T'es si vieux que ça ?
- Quoi ? Je n'ai que 23 ans, soupira Yuto.
- On a que sept ans d'écart alors, sourit Chinen.
- Hé ? Tu as 16 ans ?
Yuto le détailla attentivement.
- Tu fais gamin pour ton âge dans ce cas, conclut-il brutalement.
- Oï ! C'est pas de ma faute si je suis petit.
- Tu n'es pas simplement petit, tu as un visage de gosse.
- Tu es méchant là...
- Et toi, tu es envahissant. Laisse-moi finir mon boulot.
- Je ne t'empêche pas de travailler.
- Tu n'arrêtes pas de parler.
- Parce que tu refuses de m'écouter.
Yuto se redressa et le fusilla du regard.
- Si je ne t'écoutais pas, je ne te répondrais pas non plus.
- Tu ne portes aucun intérêt à ce que je dis.
- Tu ne rien de bien intéressant...
- Je viens de te dire mon âge, tu ne trouves pas ça intéressant ?
- ... Pas vraiment...
- Très bien. J'ai compris. Je voulais te connaître mais tu te fiches totalement de moi apparemment. Je m'en vais.
Chinen partit en claquant la porte du restaurant.
- Et ben... Heureusement qu'il n'y a plus de clients...
Yuto soupira une nouvelle fois et se remit au travail. Il devait finir de nettoyer le restaurant. Il s'arrêta pourtant cinq minutes après, un peu mal à l'aise. Avait-il été réellement si peu réceptif pour que le petit Hey! Say! Jump se fâche ainsi contre lui ? Mais il n'y pouvait rien. Chinen avait le don de l'agacer. Yuto avait très bien compris ses intentions et il ne les appréciait pas. Comment un gamin comme lui espérait-il avoir une chance ? Yuto aimait les hommes forts et virils, pas les gringalets dans son style.
- Tu aurais peut-être pu être un peu plus délicat... intervint Sarah.
- Il ne se fera pas d'espoirs inutiles ainsi.
- Je pensais pourtant que tu étais gay. Je ne me trompe pas là-dessus habituellement.
- Je le suis, je te rassure. Mais ce n'est pas pour ça que je sors avec n'importe quel mec.
- Chinen Yuri ne peut pas vraiment être classé comme n'importe quel mec, je pense. Il a beaucoup de succès, tu sais.
- Le succès ne m'attire pas. Il n'est pas du tout mon style de mec.
- Quel est ton style de mec alors ?
- J'aime les hommes virils. Qu'ils soient grands ou petits, fins et secs -mais musclés- ou grands et forts ne me dérange pas. Il ne faut pas qu'ils soient androgynes.
- Tu risques de ne pas trouver ton bonheur chez les Johnny's alors. Ils sont tous plus ou moins androgynes.
- Pas tous d'après ce que j'ai pu voir.
- Ah ?
- Certains me plaisent bien.
- Lesquels ?
- Je n'ai pas retenu les noms.
- Dis-moi quand tu auras retenu. Ça m'amuse de parler Johnny's avec un mec.
Yuto laissa échapper un petit rire.
- Ok. Je te dirai.
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Odeia deshita !

Les Eitos sont les rois du monde ! Maintenant, il faut juste prévenir le monde...